Podcast & Flash Quotidien - Les marchés en 1 minute

Paris, Vendredi 03 avril 2020

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3 avril 2020 - Les marchés en 1 minute

Économie et marchés

Le président américain Donald Trump a appelé mercredi soir à la réouverture du dialogue entre l'OPEP, dirigée de facto par l'Arabie saoudite, et la Russie pour mettre fin à l'effondrement des cours du pétrole brut consécutif à l'échec, le 6 mars, de l'accord sur la réduction de la production. Au cours de la journée, les déclarations de M. Trump sur l'ouverture au dialogue des deux prétendants pour parvenir à d'éventuelles réductions de la production, ont encore alimenté le rebond des cours de l’or noir, qui a clôturé la journée sur une hausse de 21%, soit un peu moins de 30 dollars le baril de Brent. De nombreux opérateurs ont toutefois des doutes par rapport aux déclarations du président américain, qui a cité des réductions de production possibles de 10 à 15 millions de barils par jour. Cette quantité semble excessive eu égard au fait qu'il y a un mois, aucun accord n'avait été conclu sur une quantité bien inférieure (1,5 million).

Cela a toutefois contrebalancé les nouvelles négatives liées à la publication des demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux États-Unis, qui ont dépassé les attentes les plus pessimistes. Le 28 mars, elles s'élevaient à 6 648 000, un record, contre une moyenne attendue de 3 500 000, et certaines estimations tablent sur un maximum de 5 250 000. C'est la preuve tangible des effets de la fermeture d'activités dans un nombre croissant d'États fédéraux afin de contenir la propagation de l'épidémie. Un autre signe du ralentissement brutal de la première économie mondiale est également venu des chiffres de la balance commerciale pour le mois de février, qui a vu une contraction du déficit de -12,2%, à 39 milliards de dollars ; celle-ci est principalement due à la forte baisse des importations en provenance de Chine. Il convient de souligner que, du point de vue de la comptabilité nationale, un déficit commercial plus faible augmente en fait le PIB. En revanche, en termes d'anticipation, il indique actuellement avant tout une consommation plus faible et doit être lu comme un chiffre négatif.

Aujourd'hui sont attendues les données sur les nouveaux travailleurs non agricoles et le taux de chômage aux États-Unis pour le mois de mars. Le consensus prévoit une diminution de -100 000 salariés et un taux de chômage qui devrait passer de 3,5% en février à 3,8%. Cette réduction de 100 000 seulement ne semble pas corroborer les deux derniers chiffres des prestations hebdomadaires, mais il faut garder à l'esprit que la plupart des entretiens avec les entreprises pour parvenir à ce chiffre a eu lieu au cours de la première moitié du mois de mars et ne rend donc pas pleinement compte de la détérioration soudaine des deux dernières semaines.

En conclusion, les marchés boursiers, portés par les États-Unis, ont réussi à réagir positivement à une nouvelle journée difficile sur le plan des données macroéconomiques (qui indiquent une récession de plus en plus grave) grâce, essentiellement, au fort rebond des cours du pétrole, qui a profité aux indices portés par les valeurs énergétiques. Pour que le rebond prenne un caractère plus durable, des preuves réelles de pic de l’épidémie doivent se confirmer, ce qui semble encore loin pour le moment. En attendant, le soutien continu des banques centrales et des programmes d'aide fiscale aux entreprises et aux particuliers sera crucial pour faire face à la crise immédiate.

Les marchés d'hier

Clôture négative pour le Nikkei 225 (-1,37%) et l'Australie (-2%). Les autres marchés asiatiques ferment en territoire positif (Corée du Sud : +2,4% ; Chine : +1,6% et Hong Kong : +0,8%). Le marché indien était fermé pour cause de vacances.

Les marchés européens, en négatif après la publication des données sur les allocations chômage aux États-Unis, ont terminé la séance dans le vert, dans le sillage de la reprise de Wall Street, elle-même stimulée par le rebond significatif des cours du pétrole. L'Eurostoxx 50 termine sur une hausse de +0,3%, tout comme le Cac 40 et le Dax. Le FTSE MIB progresse de +1,75%, tandis que l'Espagne reste stable. Le FTSE 100 anglais progresse de +0,5%.
Malgré la publication de données macro-économiques décevantes, bonne réaction du Dow Jones Industrial (+2,2%), porté par l'industrie pétrolière avec Chevron et Exxon Mobil (+11% et 7,6% respectivement).

Les taux 10 ans US et allemand restent stables, à 0,61% et -0,42% respectivement. Le spread de crédit Italie / Allemagne s’établit à 189 points de base, contre 196 hier.
Le Brent a clôturé à un peu moins de 30 dollars le baril avec une hausse significative de +21%, tandis que l'or a progressé de +1,4%, à 1 613 dollars l'once. Enfin, le dollar américain s'est encore renforcé par rapport à l'euro, clôturant à 1,0855 contre 1,0965 hier.

Les marchés à l’ouverture aujourd’hui

Les marchés asiatiques ont légèrement baissé (Nikkei 225 : -0,5% ; Chine : -0,6% ; Hong Kong : -0,8% ; Corée du Sud : - 0,8% et l'Inde : -1,4%). L'Australie observe cette même évolution (-1,7%). Après la hausse significative d'hier, le pétrole accuse un repli de -4,4%, à 28,6 dollars le baril de Brent, tandis que l'or est stable. Les marchés européens étaient en légère baisse à l’ouverture

   

Achevé de rédiger le 3 avril 2020

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