Flash : Coronavirus et derniers développements sur les marchés

Paris, Jeudi 19 mars 2020

Enjeux du moment

Depuis jeudi dernier, qui avait vu l’exacerbation des craintes et perspectives pessimistes, les marchés financiers ont continué de souffrir face aux incertitudes liées aux chocs économique, financier et sanitaire. Le CAC 40 a, depuis le 12 mars (journée record de baisse à -12,3%), enregistré une baisse complémentaire de 9%, atteignant les 3 700 points. Depuis le début de l’année, le CAC 40 affiche un repli de 38%. La même tendance a été constatée sur les principales bourses européennes. Les Etats-Unis ont, quant à eux, observé des mouvements plus importants liés à la prise de conscience de la diffusion locale du virus.

Dans ce contexte, quelles sont les mesures annonçées ?

D’importantes annonces ont eu lieu ces derniers jours. A l’image des déclarations du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre Edouard Philippe, les pays européens multiplient les mesures exceptionnelles, aussi bien en termes de renforcement de la protection sanitaire que de soutien à l’économie. Par ailleurs, les banques centrales ont révélé successivement (puis de manière coordonnée, dimanche 15 mars) des mesures importantes de soutien à l’équilibre du système financier. Ainsi, les banques centrales
américaine, canadienne, suisse, européenne, anglaise et japonaise ont, dimanche dernier, fait connaître la mise en place d’un mécanisme de liquidité pour assurer l’accès pour le système financier au financement en dollar US.
La BCE, dont les annonces de la semaine dernière avaient été fraîchement accueillies par les marchés, a dévoilé le 18 mars un dispositif complet de mesures pour soutenir la stabilité financière. Il s’agit ainsi d’un nouveau programme de rachat d'actifs (le « Pandemic Emergency Purchase Programme ») de 750 milliards d'euros, qui sera réalisé d'ici la fin de l'année et pourra comprendre des emprunts grecs, jusqu'alors inéligibles.
Les mesures d’accompagnement fiscal et budgétaire apportent un potentiel de soutien significatif à notre économie, en limitant les risques de faillites d’entreprises en manque de trésorerie et en ébauchant une mesure de soutien du pouvoir d’achat des ménages qui seraient touchés par des mesures de mise en chômage partiel.

Quelles perspectives pour les marchés ?

Nous pensons que les marchés sont passés d’un excès de complaisance à un excès de pessimisme. Il faut cependant garder à l’esprit que sur le front de l’épidémie et de son impact sur l’économie, les annonces / nouvelles seront avant tout négatives au cours des prochaines semaines. La volatilité des marchés est amenée à perdurer, les intervenants de marchés financiers étant en attente de traduction concrète des différentes annonces.
Notre scénario central est aujourd’hui celui d’un choc prolongé, de l’épidémie au niveau mondial sur les prochains mois. Cela devrait entrainer une récession mondiale marquée sur les premiers trimestres de 2020. Nous anticipons alors une reprise lente de l’activité au quatrième trimestre. Il est important d’avoir en tête que, compte tenu des contraintes des chaines logistiques mondiales, le retournement dans le secteur manufacturier sera sans doute précédé de celui des services.
Un point majeur à noter : l’impact économique des stratégies de confinement dans une économie mondialisée est très différent de celui des récessions historiques, et rend complexe l’exercice de prévision.

Quelles mesures ont été prises par les équipes de gestion ?

La situation actuelle est suivie avec une attention redoublée par nos équipes de gestion. La liquidité des investissements au sein de nos portefeuilles notamment, est actuellement une priorité. Avec le couple risque/rendement, la gestion du risque de liquidité fait partie intégrante du travail du gérant de portefeuille. De manière concrète, il s’agit de pouvoir faire face aux rachats éventuels sans pour autant pénaliser les investisseurs de long terme.
En termes de gestion, nous restons prudents à court terme car nous pensons que la volatilité devrait durer. Par exemple, nous avons réduit de manière significative les niveaux d’exposition aux actions dans nos principaux fonds diversifiés ou mandats. Il est, en ces temps incertains, essentiel que les portefeuilles soient largement diversifiés en termes de zones géographiques et de classes d’actifs.

Achevé de rédiger le 19/03/2020.

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