Flash : La Fed et les banques centrales du G10 interviennent pour réduire le stress dans le système financier

Paris, Lundi 16 mars 2020

Enjeux du moment

Que s’est-il passé pendant le weekend ?

Le dimanche 15 mars, la Réserve fédérale a annoncé une baisse de 100 points de base des taux d’intérêt, qui reviennent ainsi à des niveaux proches de zéro. La banque centrale américaine a souligné que les taux resteraient proches de zéro tant que le Comité n’est pas « confiant que l’économie aura surmonté les événements récents ». Elle a également donné le coup d’envoi à son programme de Quantitative Easing (QE) en renforçant immédiatement ses positions en bons du Trésor et en titres adossés aux créances hypothécaires des agences gouvernementales américaines (MBS). L’objectif est de soutenir les flux de crédit vers les ménages et les entreprises.

Il est important de noter que la Fed et cinq autres banques centrales du G10 (Europe, Canada, Japon, Angleterre et Suisse) proposeront des conditions plus attrayantes pour les accords de swaps sur l’USD, afin de prévenir les perturbations dans les marchés de financement en dollars.

Les actions de la Fed visent à contrer le resserrement des conditions financières pour les banques et institutions financières et ainsi de leur permettre de continuer à assurer leur rôle de financement de l’économie réelle.

Quel est l’impact concret de l’annonce ?    

La banque centrale américaine a abaissé ses taux d’intérêt de 100 points de base. La Fed, ainsi que les autres principales banques centrales, ont également pris des mesures permettant d’assurer l’approvisionnement des banques en liquidités libellées en dollars. Les taux d’intérêt se situent aujourd’hui à des niveaux compris entre 0% et 0,25%. De plus, la Fed compte racheter au moins 500 milliards USD d’obligations souveraines américaines, ainsi que 200 milliards USD a minima d’instruments de dette adossés à des hypothèques.

Il y a moins de deux semaines, le président de la Fed Jerome Powell avait abaissé les taux d’intérêt de 50 points de base. Il s’agissait de la première baisse de taux actée entre deux réunions de politique monétaire depuis la crise financière de 2008.

A l’occasion de la conférence de presse qui a suivi, J. Powell a déclaré que la baisse des taux et le redémarrage du programme de rachat d’actifs avaient pour principal objectif de remettre en route le marché des emprunts d’Etat américains, principal marché du système financier mondial, ainsi que celui des obligations adossées à des hypothèques.

Selon Jerome Powell, les évolutions au sein de ces marchés sont essentielles pour assurer la continuité des prêts aux entreprises et aux ménages et donc, à l’économie réelle.

Quelle est votre position aujourd’hui ?     

L’annonce de ce week-end, ainsi que celles qui ont été faites la semaine dernière, pointent vers deux types de décisions prises par les décideurs politiques : d’un côté, les banques centrales, qui cherchent à assurer la stabilité du système financier, et, de l’autre, les gouvernements qui mettent en place, au sein de chaque pays, des mesures ambitieuses pour soutenir l’économie.

La situation actuelle est suivie avec une attention redoublée par nos équipes de gestion. Globalement, nous restons fidèles à notre scénario central actuel : un choc profond mais contenu dans le temps pour l’économie, qui n’entraîne pas de récession mondiale durable. En termes de gestion, nous restons prudents à court terme car nous pensons que la volatilité devrait durer. Par exemple, nous avons réduit de manière significative les niveaux d’exposition aux actions dans nos principaux fonds diversifiés. Il est actuellement essentiel que les portefeuilles soient largement diversifiés en termes de zones géographiques et de classes d’actifs.

Dans l’environnement actuel, et face à la montée de la volatilité, il est essentiel pour les investisseurs de s’assurer que leurs décisions de gestion restent bien alignées avec leurs objectifs et leur horizon d’investissement. Dans les moments de forte incertitude comme de fortes variations à l'image de ceux que nous traversons, il est d’autant plus essentiel pour l'épargnant de garder en ligne de mire ses objectifs long terme, de se référer à son horizon de placement et d’éviter les biais comportementaux.

                                                                                      Pour en savoir plus

Achevé de rédiger le 16/03/2020.