Hebdo des Marchés

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Semaine du 18 février 2019

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

1,2%

Chiffre clé

C’est la baisse affichée, en décembre 2018, par les ventes au  détail aux États- Unis.

ZONE EURO

L’Allemagne évite de peu la récession technique. Le PIB allemand a progressé de 0,02% au 4e trimestre 2018, un chiffre qui fait suite à une contraction de -0,2% au 3e trimestre. L’Allemagne évite ainsi de peu une récession technique (2 trimestres consécutifs de  croissance négative). La consommation des ménages a légèrement augmenté, tandis que la consommation publique et l’investissement ont connu une hausse marquée.

etats-unis

Inchangée sur une base mensuelle, en janvier, l’inflation globale est en hausse de 1,6% en glissement annuel. L’inflation sous-jacente a augmenté de 0,2% sur le mois et de 2,2% en glissement annuel. Si les facteurs intérieurs contribuent toujours à soutenir l’inflation sous-jacente, les effets de base négatifs des prix de l’énergie devraient probablement limiter les chiffres de l’inflation globale dans les mois à venir.

PAYS ÉMERGENTS

Les PIB des Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO) - Hongrie (5% en glissement annuel - g.a.), Pologne (4,9% en g.a.), République tchèque (2,9% en g.a.) et Roumanie (4,1% en g.a.) - sont sortis supérieurs aux attentes au 4e trimestre 2018. Malgré un environnement extérieur dégradé, la croissance de ces pays a bien résisté grâce à une demande intérieure très soutenue

ACTIONS

La semaine a débuté avec une activité très soutenue sur les marchés actions avant de faiblir quelque peu au cours des deux derniers jours. Des données plus faibles que prévu sur les ventes au détail ont été le catalyseur d’une prise de bénéfices sur le marché américain. De plus, certains signaux moins optimistes en lien avec les négociations sino-américaines ont affecté les indices actions asiatiques

OBLIGATIONS

Les rendements des obligations d’État restent sous pression. Le 10 ans allemand  atteint un nouveau point bas, à 0,10%.

Analyse de la semaine

En octobre, nous nous alarmions des risques de déception pesant sur les résultats 2019 du fait des bases de comparaison élevées et des menaces pesant sur l’environnement économique. Depuis lors, le consensus a baissé de façon accélérée ; selon IBES, la croissance des bénéfices par action (BPA) 2019 est passée de +10% à +6%. Mais entretemps, les prévisions macroéconomiques ont elles-mêmes été rabotées. Dans ce contexte incertain, la saison des résultats en cours (4e trimestre 2018) permet de juger plus précisément des dynamiques récentes et des perspectives.

S’agissant du S&P 500 aux Etats-Unis, les résultats du 4e trimestre semblent corrects de prime abord avec 71% de surprises positives et une progression de +17%. Après trois trimestres remarquables, le contraste est toutefois marqué d’autant qu’en octobre, le consensus tablait encore sur +20% au 4e trimestre. Au passage, ceci relativise les « bonnes surprises » qui révèlent surtout l’effort des Investor Relations jusqu’à la veille de la période de silence. Toutefois, ce n’est qu’à partir du 1er trimestre 2019 que l’on prend la pleine mesure du ralentissement. Entre la dissipation des effets de la réforme fiscale, la décélération de la conjoncture interne, le renchérissement des salaires et les incertitudes internationales, les guidances des entreprises ont été prudentes. Le consensus ne table plus que sur 0% au 1er trimestre et +4% sur l’ensemble de l’année contre +24% en 2018.

En Europe, les entreprises du Stoxx 600 ont connu une faible progression des ventes et une stagnation des marges au 4e trimestre. Par secteur, si l’énergie a continué de briller (+27%), la consommation cyclique (-15%) a été déprimée du fait de l’automobile. La lourdeur de l’automobile (nouvelles normes WLTP et ralentissement chinois) a pesé sur l’Allemagne (-24%), alors qu’entre énergie et santé, le Royaume-Uni s’est distingué (+25%). Pour 2019, les analystes ne tablent plus que sur +2% au 1er trimestre et +4% sur l’ensemble de
l’année, après +6,5% en 2018. 

Au total, les prévisions bénéficiaires 2019 se sont drastiquement ajustées depuis quatre mois et la saison des résultats en cours n’a fait que confirmer cette tendance. Pour autant, le marché a nettement rebondi depuis décembre. Pour aller au-delà, la politique monétaire s’étant déjà beaucoup assouplie, il faudra impérativement que les risques obérant la croissance mondiale – protectionnisme, atterrissage brutal de la Chine, Brexit dur… – s’aplanissent. D’ici là, la volatilité va perdurer.