Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 12 Novembre 2019

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

+0,03%

Chiffre clé

Le taux souverain à 10 ans de la France est repassé en territoire positif.

ZONE EURO

Chiffres mitigés. Le PMI composite de la zone euro atteint finalement 50,6 en octobre, soit un peu mieux que son estimation flash (50,2). L’amélioration concerne à la fois les services (52,2) et l’industrie (45,9). Par ailleurs, l’industrie allemande voit ses commandes rebondir de 1,3% en septembre, après une baisse de -0,4% en août. Cependant, la production industrielle allemande poursuit son érosion (-0,6% en septembre).

etats-unis

L’indice ISM manufacturier a progressé en octobre, mais demeure dans une fourchette suggérant une contraction du secteur manufacturier. L’indice non manufacturier, qui évolue en cohérence avec l’expansion du secteur des services, a également progressé, après avoir atteint un creux pluriannuel en septembre et sans se laisser contaminer par la faiblesse du secteur manufacturier

PAYS ÉMERGENTS

Le 6 novembre, la Banque de Thaïlande (BoT) a réduit (par 5 voix contre 2) son taux directeur de 25 pb, le faisant passer de 1,5% à 1,25%. La BoT a également annoncé des mesures visant à réduire la pression sur le baht thaïlandais : rapatriement des recettes d’exportation, investissements en titres étrangers, transferts sortants et règlement du commerce de l’or en devises étrangères.

ACTIONS

Les marchés d’actions continuent leur progression et battent des records annuels, voire historiques dans le cas américain. La saison de publications de résultats du 3e trimestre est bien avancée et fait ressortir -0,7% pour le S&P500 et -6,6% pour le Stoxx600 avec un bon taux de surprises positives, y compris en Europe (57,3% contre 50% en moyenne).

OBLIGATIONS

Les taux des principales obligations souveraines ont sensiblement augmenté. Le rendement américain à 10 ans a atteint le niveau de 1,90%, gagnant 20 pb et le rendement allemand à 10 ans est revenu à -0,25%, progressant de 13 pb. Le taux britannique a suivi la même tendance, malgré une progression moindre de 10 pb. Le différentiel de rendement à 10 ans entre l’Italie et l’Allemagne n’a pas changé de manière significative.

Analyse de la semaine

La Banque d’Angleterre maintient ses taux en suspens, malgré un vote divisé. Lors de sa réunion de novembre, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque d’Angleterre (BoE) a voté le maintien de ses taux à 0,75% par 7 voix contre 2. Le CPM a voté à l’unanimité le maintien inchangé du programme d’achats d’obligations d’entreprises non financières en livre sterling ainsi que du programme d’achat d’obligations du gouvernement britannique, tous deux financés par l’émission de réserves par la banque centrale. Si la décision de maintenir les taux inchangés était largement anticipée par les marchés (ce résultat était attendu avec une probabilité de 98%), l’élément surprenant réside dans le nombre et, surtout, l’identité des contestataires : Michael Saunders et Jonathan Haskel. Le vote du premier, en particulier, a surpris le marché par son caractère accommodant, dans la mesure où sa réputation fait de lui l’un des membres les plus restrictifs du Comité. Ce manque d’unité est attribuable aux risques liés à l’affaiblissement de l’économie mondiale et aux incertitudes persistantes en matière de Brexit. Les nouvelles prévisions du Comité relatives à l’activité et à l’inflation ont également été présentées dans le Rapport de novembre sur la politique monétaire qui les accompagne. Celles-ci se fondent désormais sur l’hypothèse d’une transition ordonnée (« transition douce » auparavant) vers un accord de libre-échange « profond » entre le RoyaumeUni et l’Union européenne (UE). Les conditions entourant ces prévisions ont ensuite évalué une série d’issues possibles à celle d’un « accord de libre-échange profond » (à l’image de l’accord de libre-échange canadien).

Ces accords devraient lever une partie de l’incertitude à laquelle sont confrontés les entreprises et les ménages et le CPM prévoit que la croissance du PIB britannique s’accélérera en 2020. Cette amélioration devrait s’accompagner d’un assouplissement de la politique budgétaire du Royaume-Uni et d’une modeste reprise de la croissance mondiale. Au cours de la conférence de presse, le gouverneur Mark Carney a reconnu que la probabilité perçue d’un Brexit sans accord a nettement diminué depuis que le Royaume-Uni et l’UE ont conclu un accord de retrait ainsi qu’une extension flexible de l’article 50 (en octobre). Dans ses orientations prospectives, la banque centrale affirme désormais que « si la croissance mondiale ne se stabilise pas ou si les incertitudes liées au Brexit restent profondes, la politique monétaire pourrait devoir renforcer le rebond attendu du PIB britannique et de l’inflation. À plus long terme, si ces risques ne se confirment pas et si l’économie se redresse globalement conformément aux dernières projections du CPM, un léger resserrement de la politique monétaire, à un rythme progressif et dans une mesure limitée, pourrait être nécessaire pour maintenir l’inflation à son objectif ».