Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 20 septembre 2021

Par les équipes de Recherche Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée. 

Chiffre clé

72$

C’est le prix affiché, cette semaine, par le baril de pétrole WTI.

ZONE EURO

D’après les derniers chiffres publiés par Eurostat, la production industrielle de la zone euro a progressé de 1,5% en variation mensuelle en juillet et de 7,7% par rapport à juillet 2020.

etats-unis

La dynamique de l’inflation commence à s’assagir, mais les derniers chiffres, contrastés, font état d’un niveau élevé persistant. L’IPC (indice des prix à la consommation) global, à 5,3% en glissement annuel (5,4% en juillet), est en phase avec le consensus, tandis que l’IPC sous-jacent, à 4,0% (4,3% en juillet), est inférieur au consensus. La dynamique mensuelle a commencé à décélérer (l’indice global est passé de 0,5% à 0,3% en rythme mensuel et l’indice sous-jacent de 0,3% à 0,1%).

PAYS ÉMERGENTS

En Inde, l’inflation globale est ressortie à 5,3% en glissement annuel, en baisse par rapport à juillet (5,6%), et reste donc dans les limites de l’objectif de la Banque centrale indienne-RBI (2% à 6%). Les prix des produits alimentaires (notamment les prix des légumes) ont été le principal déterminant du ralentissement de l’inflation, avec une contribution de 1,7% contre 2,0% le mois précédent. En revanche, les prix de gros ont continué à augmenter, passant de 11,2% en glissement annuel en juillet à 11,4% en raison des pressions sur les coûts.

ACTIONS

Toujours très peu de volatilité sur les marchés d’actions. La bourse de Tokyo confirme néanmoins son rebond (impulsé par l’annonce, il y a 2 semaines, du retrait du Premier ministre Suga de la course à la prochaine élection), alors que les indices Hang Seng et MSCI Chine pâtissent des nouvelles annonces d’encadrement réglementaire de la part du gouvernement chinois, cette fois-ci sur les casinos.

OBLIGATIONS

Les rendements des obligations d'État à 10 ans ont baissé en début de semaine dans un environnement d'aversion au risque généré par les inquiétudes liées aux difficultés financières de Evergrande en Chine. Les rendements obligataires ont, par la suite, rebondi avec des données macroéconomiques rassurantes : le rapport sur les ventes au détail d'août est supérieur au consensus, l'enquête de l'Empire State sur l'industrie manufacturière a fortement augmenté en septembre, inversant la majeure partie de la forte baisse d'août et atténuant les craintes concernant l'impact du variant delta sur l’économie des États-Unis. Le taux 10 ans allemand a progressé de 5pb, à -0,28%.

Désendettement du logement en Chine

Evergrande, l’un des plus grands promoteurs immobiliers de Chine, est au bord de la faillite. Si, d’un côté, les autorités pourraient se sentir pressées d’intervenir pour prévenir un risque financier systémique, Evergrande, qui reste le promoteur le plus endetté au monde, coche beaucoup de cases (si ce n’est toutes) pour convaincre les autorités d’en faire un exemple de la nouvelle discipline en matière de risque financier.
Les pressions sur la liquidité resteront élevées dans le secteur, car ce cycle de durcissement est très différent de ceux de 2011 et 2014. Pékin a désormais durci le ton à l’égard de presque tous les acteurs du secteur. Les gouvernements locaux sont invités à limiter les primes accordées dans le cadre des ventes aux enchères de terrains, tandis que les banques doivent respecter certains paliers de plafonnement des prêts aux promoteurs ainsi que des prêts hypothécaires.
Il y a un an, trois lignes rouges ont été mises en place pour les développeurs :

1. Le ratio passif/actif (hors préventes) doit rester inférieur à 70%.
2. Le ratio endettement net/fonds propres doit rester inférieur à 100%.
3. Le ratio trésorerie nette/dette à court terme doit être supérieur à 1x.

Les entreprises qui ne respectent aucune des trois lignes ne pourront pas augmenter leur dette totale par rapport aux niveaux du premier semestre 2019 et celles qui enfreignent deux des trois lignes ne pourront pas alourdir leur dette totale de plus de 5% par an. Au premier semestre 2021, un cinquième des 100 plus grands promoteurs mordaient sur au moins deux de ces lignes, mais tous devront atteindre l’objectif de désendettement d’ici mi-2023.

Le désendettement du secteur du logement et la stabilisation des prix du logement sont en phase avec les objectifs politiques à long terme de la Chine, dont le gouvernement, visant la « prospérité commune », promeut un marché du logement durable et en bonne santé pour le bien de tous, tandis que Hong Kong et la Corée du Sud rappellent constamment à Pékin à quel point l’inflation immobilière élevée peut rapidement saper les bases politiques.

Cela étant, une correction brutale est tout aussi peu souhaitable qu’une forte inflation immobilière. Or, les données du troisième trimestre montrent que le secteur s’est calmé sur tous les fronts. Les autorités ont déjà adouci leur ton, insistant désormais davantage sur la stabilité. Ainsi, même si les objectifs de désendettement demeurent inchangés, une certaine accalmie devrait favoriser un durcissement moins brutal.