Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 1er mars 2021

Par les équipes de Recherche Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée. 

92,4

Chiffre clé

Actuel indice IFO du climat des affaires en Allemagne (légère amélioration)

ZONE EURO

L’indice de confiance des consommateurs et des entreprises de la zone euro a
augmenté à 93,4 en février, contre 91,5 en janvier, selon la dernière publication de la
Commission européenne. L’indice du sentiment industriel s’est amélioré. La tendance de
l’indice du sentiment dans les services et de l’indice de confiance des consommateurs
a suivi la même trajectoire, ceux-ci ressortant respectivement à -17,1 et -14,8.

etats-unis

La croissance du PIB pour le quatrième trimestre a été révisée à la hausse
de 0,1 point de pourcentage, à 4,1% en variation trimestrielle CVS, avec une
révision à la hausse des stocks et des investissements non résidentiels. Le
même jour, les chiffres relatifs aux commandes de biens durables pour janvier
ont été publiés, ceux-ci ressortant en hausse par rapport aux prévisions.

PAYS ÉMERGENTS

Une nouvelle semaine mouvementée au Brésil où le Président a renvoyé le
directeur général de Petrobras vendredi dernier. Pendant ce temps, les paramètres
de la mini réforme budgétaire ont été annoncés, la réforme visant à échanger une
extension des aides d’urgence contre un petit renforcement du cadre budgétaire.

ACTIONS

Les marchés actions sont résolument passés en territoire négatif. Les investisseurs
craignent qu’un rebond plus fort que prévu de l’économie mondiale n’accélère l’inflation,
ce qui pourrait entraîner une diminution des programmes de soutien monétaire. Ces
inquiétudes ont persisté, malgré les déclarations des responsables de la Réserve fédérale
indiquant que la hausse des rendements des bons du Trésor était un signe d’optimisme.

OBLIGATIONS

La correction des marchés obligataires cette semaine a de nouveau été dominée par
la courbe américaine, avec, cette fois, un mouvement important des rendements à 5 ans.
Les marchés tablent désormais sur une première hausse des taux de la Fed d’ici décembre
2022. Les rendements du Bund ont également augmenté, mais moins qu’aux États-Unis. La
dynamique est restée forte, mais une certaine consolidation a finalement eu lieu vendredi.

Le message de la Fed ne suffit pas à calmer la hausse des rendements obligataires américains

Lors de son audition par le Congrès mardi 23 février, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, a réitéré son intention de ne pas réduire de façon prématurée les mesures exceptionnelles de politique monétaire déployées face à la crise de la Covid. Ses déclarations sont intervenues dans un contexte où, comme le montre la hausse des taux longs américains depuis le début de l’année, les marchés s’interrogent de plus en plus sur le calendrier d’un éventuel tapering (réduction des achats d’actifs). En effet, à la reprise économique, déjà forte, devrait bientôt s’ajouter l’effet du très important stimulus budgétaire (jusqu’à 9% de PIB) promis par l’administration Biden.

Ce stimulus est perçu comme susceptible, d’une part, d’accélérer la baisse du chômage, d’autre part, de tirer à la hausse les prix à la consommation. Il pourrait ainsi freiner la décrue de l’inflation après son inévitable accélération au cours des prochains mois, liée aux effets de base du prix du carburant. Cependant, tout en concédant qu’il y avait de plus en plus d’espoirs de revenir à des « conditions plus normales » plus tard dans l’année, Powell a tenu à rappeler que la reprise économique restait pour l’heure très incomplète. Il a également fait part de ses doutes sur le fait qu’un stimulus budgétaire ponctuel puisse durablement accélérer l’inflation, et laissé entendre que des progrès substantiels prendront du temps et qu’il n’était pas question de modifier le rythme des achats d’actifs dans l’immédiat.

Cette intervention n’a pas suffi à calmer l’ardeur haussière des rendements obligataires, qui n’a fait qu’accélérer plus tard dans la semaine (au total, le « 10 ans américain » est passé d’un peu plus de 0,9% à plus de 1,5% jeudi 25 février). Si, comme c’est probable, des chiffres élevés de croissance et d’inflation, même temporaires, sont bien au rendez-vous au cours des prochains mois, nul doute que les marchés vont continuer de tester la détermination de la Fed à maintenir sa politique monétaire ultra-accommodante.