Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 9 septembre 2019

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

9 PB

Chiffre clé

C’est la progression affichée par le taux américain à 10 ans.

ZONE EURO

Confirmée à +0,2% au 2e trimestre par rapport au 1er trimestre, la croissance du PIB de la zone euro a été, d’avril à juin, portée par la demande interne.  La consommation des ménages progresse de 0,3%, la consommation publique de 0,3% et l’investissement de 0,5%. La contribution du commerce extérieur est, en revanche, de -0,1 pp, tandis que celle des stocks est nulle. 

etats-unis

Le déficit commercial américain de juin s’est réduit de 1,5 Md $, à 54,0 Mds, soit au-dessus de la moyenne des cinq dernières années (44,3 Mds). Les exportations ont augmenté de 0,6% sur le mois, tandis que les importations diminuaient de 0,1%. La réduction du déficit devrait peser moins lourdement sur le PIB. Toutefois, les données quelque peu faibles des deux derniers mois donnent à penser que la demande intérieure ralentit. 

PAYS ÉMERGENTS

Aujourd’hui, la Banque centrale de Russie (CBR) a abaissé le taux directeur de 7,25% à 7%. Il s’agit de la troisième baisse en 2019. L’inflation est en baisse constante, l’impact de la hausse de la TVA en janvier s’atténuant avec le temps. En août, l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) global a chuté à 4,3% en glissement annuel contre 4,6% en juillet. L’inflation devrait être inférieure à l’objectif de 4% fixé par la RBC pour la fin de l’année.

ACTIONS

La stabilisation des marchés actions se poursuit suite à un flux de nouvelles plus positives (Hong Kong, négociations commerciales, quelques données économiques sur le non-manufacturier). A titre d’exemple, le S&P500 est désormais à moins de 2% de son record historique du 26 juillet.

OBLIGATIONS

Le taux américain à 10 ans a augmenté de 9 pb tandis que le taux allemand de même échéance rebondissait de 10 pb. Le spread entre le taux italien à 10 ans et le Bund allemand s’est resserré de 18 pb. La courbe des taux américaine de 2 à 10 ans n’est plus en territoire inversé, se situant maintenant à 2 pb tandis que son équivalent allemand s’est raidi de 3 pb

Analyse de la semaine

Les marchés obligataires ont adressé des signaux très négatifs sur la situation économique mondiale, tandis que les marchés boursiers ont plutôt bien résisté. Les taux des obligations d’Etat ont en effet fortement baissé. Les taux allemands ont atteint des plus bas records. Au final, près de la moitié du marché obligataire mondial en dehors des Etats-Unis offre désormais des rendements négatifs. Autre élément-clé inquiétant : la courbe des taux américaine s’est inversée pour la première fois en douze ans.

La chute des rendements obligataires reflète les doutes des investisseurs quant aux perspectives de croissance mondiale. Dans ce contexte, les anticipations d’inflation demeurent faibles et les marchés anticipent un degré important de relance monétaire. Le cycle touche-t-il enfin à sa fin ? Non, nous ne le pensons pas. En effet, la consommation des ménages américains, moteur de l’économie américaine, reste solide surtout au regard du stade avancé du cycle. Toutefois, dans le reste du monde, les perspectives sont assez moroses, notamment en Europe, très dépendante de la demande externe. Par ailleurs, l’escalade continue dans la guerre commerciale, le Brexit et le ralentissement en Chine préoccupent les investisseurs. À noter qu’au mois d’août, l’activité manufacturière aux Etats-Unis s’est contractée pour la première fois depuis 3 ans. 

Préoccupées par cette baisse des anticipations d’inflation, les grandes banques centrales se sont définitivement orientées vers une position plus accommodante : la BCE devrait annoncer un plan de mesures complet en septembre ; la Réserve fédérale américaine a baissé ses taux en août pour la première fois depuis la crise financière. Les attentes des marchés pour des nouvelles baisses de taux dépassent très nettement celles de la Fed. 

Néanmoins, d’un point de vue purement fondamental, la question est maintenant de savoir pour combien de temps ces politiques monétaires accommodantes peuvent soutenir la croissance. Depuis dix ans, celles-ci ont constitué les principales mesures mises en œuvres pour soutenir les économies. Les baisses de taux et les programmes de rachat d’actifs ont permis de maintenir une certaine stabilité financière mais elles ont également favorisé une forte hausse de l’endettement et n’ont pas empêché la croissance potentielle de baisser. Nous pensons que les banques centrales ont une capacité limitée pour stimuler la croissance et que nous avons besoin d’une politique fiscale pour intervenir et créer véritablement un nouveau scénario de croissance. L’élément qui devrait désormais retenir l’attention des marchés est l’issue du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis.