Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 13 mai 2019

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

1,2%

Chiffre clé

La Commission européenne a réduit ses anticipations de croissance pour la zone euro à 1,2%.

ZONE EURO

Légère érosion du climat des affaires. Le PMI composite de la zone euro se replie très légèrement en avril, à 51,5. Ce repli concerne surtout sa composante portant sur les services (52,8) alors que celle portant sur l’industrie se reprend (47,9). Par ailleurs, les ventes au détail sont restées stables en mars, par rapport à février, dans l’ensemble de la zone euro. Sur un an, elles progressent de 1,9% (3,2% en Allemagne, 1,2% en France et 1,8% en Espagne).

etats-unis

Pas de changement des normes d’octroi, mais demandes de prêts en baisse : l’enquête d’opinion auprès des responsables du crédit de la Réserve fédérale pour le premier trimestre de cette année a fait état d’une demande de prêts globalement en baisse, tandis qu’en termes nets, les normes et conditions d’octroi de prêt ne se sont, dans l’ensemble, pas resserrées.

PAYS ÉMERGENTS

Le 9 mai, malgré une réunion de plusieurs heures, les États-Unis et la Chine ne sont pas parvenus à éviter l’augmentation des droits de douane sur 200 milliards de dollars d’importations américaines en provenance de Chine, annoncée quelques jours auparavant par le président Trump. Contrairement à la série précédente, les marchandises qui ont déjà quitté la Chine ne seront pas soumises au nouveau taux.

ACTIONS

La reprise des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et les déclarations contradictoires de Donald Trump ont pesé sur les marchés actions cette semaine. Une petite reprise s’est manifestée vendredi grâce à un regain d’optimisme quant à la possibilité de trouver un accord commercial. Les investisseurs n’ont pas prêté attention aux dernières statistiques macroéconomiques ni aux publications de résultats trimestriels.

OBLIGATIONS

Les principaux taux ont baissé, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans perdant près de 10 pb et le Bund à 10 ans environ 8 pb. Les spreads des pays périphériques se sont élargis par rapport au Bund allemand : le rendement italien à 10 ans s’est écarté de 20 pb, et celui du Portugal et de l’Espagne de 15 et 10 pb respectivement. Les courbes des obligations « core » se sont aplaties, celle de l’Allemagne de 2 à 10 ans de 5 pb.

Analyse de la semaine

L’assouplissement des banques centrales s’est poursuivi cette semaine, Norges Bank faisant figure d’exception

La plupart des banques centrales des pays du G10 ont, depuis le début de l’année, réorienté leur politique monétaire en faveur d’un ton plus accommodant. Tout a commencé avec l’abandon en janvier par la Réserve fédérale de sa référence à de nouvelles hausses graduelles de ses taux. Ce qui n’était qu’une suggestion est devenu réalité lorsque les taux sont restés en pause à l’issue de la réunion du FOMC de mars s’accompagnant d’une révision à la baisse des projections de taux qui désormais ne prévoient plus de hausse de taux en 2019. 

La BCE, la Banque du Canada et la Riksbank ont suivi le mouvement de la Fed lors de leurs récentes réunions de politique monétaire. Cette semaine, la Reserve Bank of New Zealand (RBNZ) et la Reserve Bank of Australia (RBA) ont également aligné leurs prévisions en adoptant un ton similaire. Le 7 mai, la RBA a maintenu son taux inchangé, à 1,50%. Les intervenants du marché qui tablaient sur une probabilité de 50% d’obtenir une réduction ont interprété cette décision comme un simple retard dans la trajectoire d’assouplissement prévue et qu’ils intègrent déjà pour la banque centrale.

Le 8 mai, la RBNZ a réduit son taux de 25 pb pour atteindre un plus bas record de 1,5%, devenant ainsi la première monnaie du G10 à réduire son taux directeur depuis novembre 2016. Cela fait suite à un assouplissement régulier du ton de la banque centrale depuis l’arrivée du gouverneur Adrian Orr en mars 2018.

Le ton de la Norges Bank lors de sa réunion du 9 mai s’est avéré, quant à lui, bien différent. Comme on s’y attendait généralement, la banque centrale norvégienne a maintenu son taux directeur inchangé. Toutefois, elle a maintenu sa posture relativement optimiste depuis la réunion de mars, avec une pointe d’agressivité dans ses prévisions, suggérant que « le taux directeur sera très probablement relevé en juin » alors qu’elle avait précédemment évoqué une hausse « au cours du prochain semestre ».

Selon les prévisions des marchés, seules deux des banques centrales du G10 pourraient faire évoluer leurs taux directeurs à la hausse sur un horizon d’un an : la Norges Bank mentionnée plus haut et la Banque d’Angleterre (BoE). La visibilité de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre reste faible, car ses prévisions en matière d’inflation restent inférieures à la cible de 2% pour l’année prochaine et l’incertitude règne toujours quant à l’issue du Brexit. Toutefois, sous réserve d’un Brexit sans heurts, le gouverneur Mark Carney a averti qu’un resserrement de la politique monétaire plus important que la simple hausse d’environ un point au cours des trois prochaines années actuellement attendu par les marchés serait probablement nécessaire.