Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 2 août 2021

Par les équipes de Recherche Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée. 

Chiffre clé

+11,8%

C’est, en rythme annuel, la croissance affichée par la consommation des ménages américains au deuxième trimestre.

ZONE EURO

D’après les chiffres préliminaires d’Eurostat, le PIB de la zone euro a augmenté de 2,0% en GT (glissement trimestriel) et de 13,7% en GA (glissementannuel) au deuxième trimestre. Au niveau national, le PIB a progressé de 2,7% en GT (17,3% en GA) en Italie, de 2,8% en GT (19,8% en GA) en Espagne, de 1,5% en GT (9,6% en GA) en Allemagne et de 0,9% en GT (18,7% en GA) en France.

etats-unis

Le PIB a progressé de 6,5% en glissement trimestriel annualisé, ce qui a déçu les marchés. Toutefois, en regardant les données plus en détail, on s’aperçoit que les ventes finales aux particuliers ont progressé de 9,9%, ce qui témoigne de la vigueur impressionnante de la demande intérieure privée. En effet, tant la consommation (en hausse de 11,8% en rythme annuel) que les investissements des entreprises (en hausse de 8%) ont été très dynamiques.

PAYS ÉMERGENTS

La Banque centrale de Hongrie (BCH) a relevé son taux directeur de 30 pb, à 1,2%, soit 20 pb au-dessus des attentes du consensus. L'estimation flash du PIB réel tchèque au deuxième trimestre a été publiée à 7,8% en glissement annuel, soit à un niveau bien plus élevé qu'au premier trimestre (-2,4%) mais bien inférieur aux attentes du consensus (9,2%).

ACTIONS

Le S&P 500 a atteint un nouve au record cette semaine. La saison des résultats du deuxième trimestre a été meilleure que prévu, fournissant un soutien aux actions alors que les indices battent de nouveaux records. La performance des marchés émergents a été légèrement négative, principalement en raison de la forte correction des actions chinoises.

OBLIGATIONS

Les taux allemands à 10 ans ont baissé de 3 pb sur la semaine, à -0,44%, après la réunion «dovish» (accommodante) de la BCE de la semaine dernière, qui indiquait une hausse des taux encore plus tardive que prévu. Les rendements américains à 10 ans ont baissé de 5 pb, à 1,24%, la baisse étant due à la forte correction des valeurs technologiques chinoises en début de semaine.

Chine : changements en cours

Les récentes évolutions réglementaires ont mis l’accent sur certains risques qui pourraient avoir un impact sur notre cadre d’investissement, au-delà des déterminants politiques traditionnels tels que le crédit et les taux. Le programme politique de Xi Jinping a pour objectif majeur de lutter contre les inégalités et de promouvoir la prospérité collective, comme il l’a déclaré dans un discours interne en janvier 2021 : « La réalisation d’une prospérité collective est plus qu’un objectif économique. C’est une question politique majeure qui porte sur le fondement de la gouvernance de notre parti... Nous ne pouvons pas permettre que les écarts de richesse deviennent un fossé infranchissable».

La lutte contre les problèmes de logement, le tutorat hors campus et les monopoles s’inscrivent dans cette logique. Mais les raisons de la panique sur les marchés sont plus profondes : quelle sera la prochaine étape ?

En ce qui concerne le logement et l’éducation, les marchés sont prévenus depuis longtemps et le durcissement des conditions est déjà en cours. En revanche, contrairement au logement qui est toujours sur le devant de la scène, la position politique en matière d’éducation est souvent oubliée.

En septembre 2018, Xi Jinping est intervenu lors de la Conférence nationale sur l’éducation, signalant que « certains organismes de  formation hors campus proposent des cours focalisés sur les examens, ce qui va à l’encontre des bonnes pratiques en matière d’éducation et de bonne progression des étudiants... Une industrie qui appelle à la conscience ne doit pas se laisser guider par le profit».

Pour ce qui est de la santé, les réglementations sont plus subtiles et plus complexes. Des efforts visant à réduire le coût des médicaments sont déjà en cours. En mai de cette année, le Politburo a publié une directive visant à réformer les prix des services de santé. Le principe est de faire en sorte que le coût global des services de santé soit abordable et transparent. Si les services de santé de base doivent être accessibles à tous, cela ne signifie pas pour autant qu’un traitement différencié ne soit pas autorisé.

Nous pensons que les inquiétudes relatives à la consommation sont exagérées. Le gouvernement a pour objectif d’augmenter la part de la classe moyenne et fait preuve de souplesse dans ce secteur, tout en veillant à renforcer la protection de la vie privée des consommateurs et en empêchant la fixation de prix différenciés pour les produits de consommation courante, conformément aux mesures anti-monopole prises dans le domaine du commerce électronique. Pour autant, une montée en gamme des consommateurs reste un objectif souhaitable.