Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 15 juillet 2019

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

- 0,5%

Chiffre clé

C’est le niveau atteint par la production industrielle en zone euro sur une année glissante.

ZONE EURO

Les prix des logements progressent encore en zone euro. Ils ont ainsi augmenté de 0,3% au 1er trimestre et de 4,0% sur un an. Pays par pays, la variation a été, sur le trimestre, de -0,3% en Allemagne (5,0% sur un an), de 0% en France (2,9% sur un an), de -0,5% en Italie (-0,8% sur un an), de 1,6% en Espagne (6,9% sur un an). La plus forte progression annuelle est atteinte au Portugal (+9,2%).

etats-unis

La croissance de la masse salariale a fortement rebondi en juin avec 224 000 emplois créés, répartis sur l’ensemble des secteurs. Le taux de chômage s’inscrit en hausse à 3,7% en raison de taux d’activité plus élevés tandis que la croissance moyenne des gains horaires est restée inchangée à 3,1% par an, montrant des signes de plafonnement.

PAYS ÉMERGENTS

Ce mercredi 10 juillet, au Brésil, le texte de base de la réforme des retraites a été approuvé lors d’un premier vote en séance plénière de la Chambre basse avec 379 voix en sa faveur et 131 contre. Au moment où nous écrivons, 15 amendements du texte restent en suspens et font l’objet de débats. Un second vote, qui sera final, est attendu avant les vacances des députés qui débutent le 17 juillet.

ACTIONS

Les marchés américains et des pays émergents ont surperformé le Japon et l’Europe cette semaine.
Les marchés européens ont, quant à eux, rapidement reperdu leurs gains en raison d’une détérioration du sentiment des investisseurs. Ces derniers s’inquiètent de la santé des entreprises en ce début de saison de publication des résultats et de l’ouverture possible d’un nouveau front dans la guerre commerciale, opposant désormais Washington à l'Europe.

OBLIGATIONS

La semaine a été marquée par le témoignage de J. Powell devant le congrès et la publication du procès-verbal du dernier FOMC. La tonalité prudente de ces deux communications a renforcé la probabilité implicite par le marché de réduction des taux lors de la prochaine réunion.

Analyse de la semaine

La BCE et la Fed ont adopté une position plus accommodante en raison d'inquiétudes quant à la croissance mondiale, à la persistance de risques importants et à la faiblesse persistante de l'inflation :

  • Lors de la dernière réunion de son comité, la Fed a abandonné la notion de « patience » sur les taux, préférant « surveiller étroitement les conséquences des informations entrantes sur les perspectives économiques et agir comme il convient pour soutenir l'expansion ».
  • Lors de son intervention à Sintra, Mario Draghi a déclaré que « en l'absence d'amélioration, des mesures de relance supplémentaires seront nécessaires ».

Autre élément important : les niveaux élevés d'endettement après une décennie de croissance facilitée par les politiques monétaires ultra-accommodantes. Selon McKinsey :

  • La dette totale (y compris celle des ménages, des entreprises non financières et des États) a progressé de 75% depuis la crise financière (bondissant, à taux de change constants, de 97 000 milliards de dollars en 2007 à 169 000 milliards au 1er semestre 2017).
  • La dette des États et celle des entreprises non financières représentent respectivement 43% et 41% de cette hausse.

Dans ce contexte de fort endettement et de faible croissance, la capacité des banques centrales des pays développés à durcir leurs politiques monétaires s'est avérée limitée. On peut maintenant considérer que la période de normalisation a désormais pris fin et que Fed et la BCE sont en phase d'assouplissement : 

  • La Fed est bloquée par les attentes du marché. Compte tenu du niveau d’endettement élevé des entreprises et des encours de prêts à la consommation, la croissance de l'économie américaine ne pourra se maintenir que si les conditions financières restent accommodantes et donc uniquement si les marchés ne sont pas déçus par la Fed.
  • La BCE est à court de munitions : la BCE doit agir pour maintenir une stabilité financière et éviter une hausse de l'euro, mais de nouvelles mesures d'assouplissement se traduiraient également par des dommages collatéraux (banques, investisseurs obligataires à long terme, prix des actifs en hausse).

La prochaine question concerne la capacité des économies à soutenir leur croissance économique via de l'assouplissement monétaire et du soutien budgétaire.  
En particulier, les bénéfices des entreprises ralentissent maintenant considérablement. Au cours des prochains trimestres, la soutenabilité de la dette des entreprises pourrait être une question cruciale et mettre fin à la dynamique selon laquelle « les mauvaises nouvelles sont les bonnes nouvelles ».