Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 19 octobre 2020

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée. 

-7,2%

Chiffre clé

C’est le taux de croissance, en août, de la production industrielle en zone euro en variation annuelle.

ZONE EURO

Le taux de croissance de la production industrielle en zone euro est tombé de5,0% en juillet à 0,7% en variation mensuelle en août (légèrement en dessous des0,8% attendus). La baisse en variation annuelle est également marquée, à 7,2%.

 

etats-unis

L’IPC (indice des prix à la consommation) global a progressé de 0,2% en variation mensuelle en septembre et de 1,4% en variation annuelle. L’IPC sous-jacent s’inscrit également en hausse de 0,2% en variation mensuelle et de 1,7% en variation annuelle. Ces deux chiffres sont globalement en ligne avec les anticipations du marché.

PAYS ÉMERGENTS

L’inflation globale en Inde est ressortie à la hausse par rapport aux attentes, à 7,3% en variation annuelle en septembre contre 6,7% en août. La contribution la plus importante provient des prix des produits alimentaires qui ont ajouté 4,5% à la croissance annuelle, contre 3,8% il y a un mois. Parmi les produits alimentaires, ce sont les prix des légumes qui ont le plus augmenté.

ACTIONS

Consolidation. Le rebond initié depuis le 24 septembre n’aura pas permis aux principaux indices de retrouver le point haut atteint le 2 septembre. L’absence de mesures de relance supplémentaires aux Etats-Unis avant les élections, des déceptions sur la mise au point d’un vaccin (Eli Lilly et Johnson et Johnson) et le re-confinement, même partiel, en Europe ont pesé sur les bourses cette semaine.

 

OBLIGATIONS

Les obligations ont fortement rebondi alors que l’Europe met en oeuvre dans tous les pays des mesures de restrictions strictes pour tenter de freiner la forte augmentation du nombre de cas de covid-19. Le secteur des services, qui montrait déjà des signes d’affaiblissement depuis septembre, sera pénalisé, conduisant à des révisions à la baisse des prévisions de croissance du 4e trimestre.

Fonds de relance européen : après un effet de signal très positif, le déploiement effectif prend un peu de temps.

L’accord sur le Fonds de relance européen, le 21 juillet dernier, a été perçu par les marchés comme un important signal de cohésion de l’Union européenne (UE) face à la crise de la covid-19. Il a ainsi été un facteur-clef dans la réduction de l’écart de rendement souverain entre l’Allemagne et l’Italie, baromètre habituel du risque « systémique » européen, ainsi que, probablement, dans l’appréciation de l’euro depuis le début de l’été. De plus, le sentiment eurosceptique semble avoir reculé dans les pays du Sud. Avant même de devenir réalité, ce Fonds a donc déjà joué positivement, par effet d’annonce, sur les coûts de financement et, probablement, sur la confiance. Son déploiement effectif ne pourra se faire, en revanche, qu’après le franchissement de plusieurs étapes supplémentaires. 

Tout d’abord, même après l’accord politique de l’été, plusieurs autres votes restent nécessaires impliquant, suivant les cas, le Parlement européen, le Conseil européen et les Parlements nationaux. Les discussions préliminaires à ces votes génèrent de nombreuses tensions, notamment parce que le Parlement européen n’a pas apprécié que le compromis de l’été se traduise par des coupes dans d’autres programmes, et parce que certains pays d’Europe de l’Est ne veulent pas que les aides soient conditionnées au respect de « l’Etat de droit » telle qu’apprécié par l’UE. Faute de vraie date butoir, les discussions pourraient durer jusqu’à début 2021.

Au final, cependant, ni le Parlement européen, par essence fédéraliste, ni les pays d’Europe de l’Est, bénéficiaires nets des aides, n’ont intérêt à un vrai blocage. Le risque venant des Parlements des pays d’Europe du Nord, contributeurs nets, est un peu plus élevé, tout en restant modéré. Dans tous les cas, les délais actuels n’empêchent pas les Etats membres de commencer à préparer leur utilisation du Fonds : ils ont déjà pu proposer, ce 15 octobre, leurs plans de « reprise et de réformes », pour lesquels la date limite est cependant le 30 avril 2021 (la Commission européenne aura ensuite deux mois pour les évaluer, puis le Conseil 4 semaines pour les approuver). 

Dans le cas où certains projets seraient prêts avant, les conditions actuelles de marché permettent de toute façon aux Etats membres de les financer en empruntant eux-mêmes, quitte à se faire ensuite rembourser par le Fonds (ce qui est possible). Les principaux risques tiennent probablement moins à des contraintes ou retard de financement qu’à la capacité des Etats eux-mêmes à concevoir et mettre en oeuvre des plans effcaces, tant les obstacles sont nombreux. Il n’empêche que, face à la crise de la covid-19, l’UE est bien dans une logique de renforcement de ses institutions.