Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 18 mars 2019

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

-0,9%

Chiffre clé

C’est le repli observé, sur le mois, par la production industrielle en Allemagne

ZONE EURO

Rebond de la production industrielle. La production industrielle a rebondi de 1,4% en janvier par rapport à décembre (contre 1% attendu et après un recul de -0,9% le mois précédent). Pays par pays, elle progresse, sur le mois, de 1,3% en France, de 1,7% en Italie et de 3,6% en Espagne. En revanche, elle baisse de 0,9% en Allemagne.

etats-unis

Les chiffres de l’inflation sont, dans l’ensemble, inférieurs aux attentes pour le mois de février, l’indice des prix à la consommation (IPC) global ralentissant à 1,5% par rapport à l’année précédente (1,6%) et l’IPC sous-jacent se révélant plus faible que prévu à 2,1% par rapport à l’année précédente (2,2%). L’indice des prix à la production (IPP) a également déçu, les mesures officielles et sous-jacentes perdant de leur dynamisme.

PAYS ÉMERGENTS

Le PIB turc s’est contracté au 4e trimestre 2018 (-3% en glissement annuel - g.a.) contre + 1,8% au 3e trimestre. La croissance annuelle du PIB pour 2018 a ainsi atteint 2,6% en g.a., son niveau le plus bas depuis 2009. La forte baisse de la demande intérieure a été le principal facteur de cette contraction.

ACTIONS

Après un accès de faiblesse la semaine dernière du fait des médiocres statistiques liées à l’emploi, Wall Street a rebondi en début de semaine (+2,5% à mercredi soir) et a entraîné à sa suite les autres marchés sur fond de redressement de la demande de biens durables en janvier pour le 3e mois consécutif. Cet élan s’est toutefois tassé jeudi suite aux propos évasifs de D. Trump sur les négociations avec la Chine.

OBLIGATIONS

Le rendement des obligations souveraines à long terme aux États-Unis et en Europe reste sous pression.

Analyse de la semaine

En octobre, nous nous étions alarmés des risques de déception pesant sur les résultats 2019 du fait des bases de comparaison élevées et des menaces pesant sur l’environnement économique. Depuis lors, le consensus a baissé de façon accélérée ; selon IBES, la  croissance des bénéfices par action (BPA) 2019 est passée de +10% à +5%. Mais entre-temps, les prévisions macroéconomiques ont elles-mêmes été rabotées. Dans ce contexte incertain, la saison des résultats en cours (4e trimestre 2018) apporte un éclairage utile sur les dynamiques récentes et les perspectives. 

S’agissant du S&P 500 aux Etats-Unis, les résultats du 4e trimestre semblent, de prime abord, très satisfaisants avec +17% de hausse et un écart de +3% par rapport aux attentes. Après trois trimestres remarquables (+27% au 1er trimestre, +25% au 2e et +28% au 3e), le contraste est toutefois marqué d’autant qu’en octobre, le consensus tablait encore sur +20% au 4e trimestre, ce qui relativise les fameuses « bonnes surprises » qui révèlent surtout l’effort des relations investisseurs jusqu’à la veille de la période d’embargo. Toutefois, c’est surtout à partir du 1er trimestre 2019 que l’on prend la pleine mesure du ralentissement. Entre la dissipation des effets de la réforme fiscale, la décélération de la croissance domestique, les hausses de salaires et les incertitudes internationales, les guidances des entreprises sont devenues très prudentes, le consensus ne tablant plus que sur -1,5% au 1er trimestre et +4% sur l’ensemble de l’année, contre +24% en 2018. 

En Europe, les entreprises du Stoxx 600 ont connu une stagnation des résultats (+1%) mais un tassement des marges (chiffre d’affaires +4,5%). Par secteur, l’énergie a continué de briller (+21%) mais la consommation cyclique (-14%) a été déprimée du fait de l’automobile. La lourdeur de ce secteur (nouvelles normes WLTP et ralentissement chinois) a pesé sur l’Allemagne (-26%), alors qu’entre énergie et santé, le Royaume-Uni s’est distingué (+20%). 

Sur les marchés émergents, la saison des publications n’en est qu’à mi-parcours avec, jusque-là, des résultats stables mais des surprises principalement négatives.

Au total, les prévisions bénéficiaires 2019 se sont drastiquement ajustées depuis l’automne dernier et la saison des résultats en cours n’a fait que confirmer cette tendance. Pour autant, le marché a nettement rebondi depuis début janvier. Pour aller au-delà, la politique monétaire s’étant déjà beaucoup assouplie, il faudra impérativement que les risques obérant la croissance mondiale – protectionnisme, atterrissage brutal de la Chine, Brexit dur… – s’aplanissent. D’ici là, la volatilité va perdurer.