Hebdo des Marchés

Les dernières actualités des marchés financiers

Semaine du 22 octobre 2018

Par les équipes de Recherche, Stratégie et Analyse, Amundi

Chaque lundi, retrouvez une analyse synthétique de la situation économique et financière de la semaine passée.

+0,9%

Chiffre clé

Inflation sous-jacente confirmée à +0,9%, en septembre, en zone euro.

ZONE EURO

Inflation sous-jacente confirmée à +0,9% en septembre. L’indice général d’inflation pour l’ensemble de la zone euro a progressé de 2,1% en septembre. L’inflation sousjacente a également été confirmée à 0,9%. Pays par pays, l’inflation sous-jacente atteint (en chiffres normalisés Eurostat), en septembre, 1,2% en Allemagne, 0,8% en France, 0,5% en Italie et 0,9% en Espagne.

etats-unis

Le compte-rendu de la réunion de septembre du FOMC a rappelé l’optimisme du comité à l’égard des perspectives de croissance. Il a par ailleurs confirmé sa confiance dans le fait que l’inflation se maintiendra durablement sur l’objectif de 2%. Selon le comité, de nouvelles hausses progressives des Fed funds restent appropriées. Le caractère progressif de ces hausses de taux équilibrerait les risques d’erreurs politiques. 

PAYS ÉMERGENTS

La croissance de la Chine a ralenti légèrement plus que prévu, passant de 6,7% année/ année au deuxième trimestre à 6,5% au troisième trimestre. La production automobile et les ventes de voitures ont été principalement à l’origine de ce ralentissement. Le reste de l’économie résiste encore relativement bien. Le jour où ont été publiés ces chiffres, de hauts responsables ont évoqué de nouvelles mesures pour soutenir l’économie.

ACTIONS

Rebond  technique des marchés d’actions depuis le 11 octobre. Les publications de résultats ne font que commencer (10% des sociétés du S&P500 ont publié), avec des premiers résultats plutôt meilleurs que prévus, surtout dans la technologie et la finance. Ce rebond est fragilisé en fin de semaine, notamment suite à la publication du PIB chinois un peu décevant et des discussions délicates sur le budget italien.

OBLIGATIONS

Les taux longs américains sont restés stables. Le taux 10 ans américain reste autour de 3,17%. En Europe, les taux longs ont poursuivi leur chute. Le Bund allemand à 10 ans a diminué de 10 pb pour s’établir à 0,40%. Toutefois, l’écart entre le BTP à 10 ans et le Bund à 10 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2013 après le rejet des plans budgétaires italiens par l’Union européenne.

Analyse de la semaine

Mise en perspective de la baisse des cours sur les marchés d’actions

La  divergence entre la performance positive du marché américain depuis le début d’année et la performance négative des autres marchés a finalement trouvé une issue : une convergence à la baisse. Résultat : pour l’instant, le marché américain flirte avec une performance nulle depuis le début d’année (+3,5%) et les autres marchés se sont enfoncés dans le rouge. A noter que du 20 septembre au 11 octobre, la correction a été de -7% tant pour le S&P500 que pour le MSCI AC Monde hors US.

Comme en février, la hausse soudaine des taux longs a été le déclencheur de cette baisse des cours qui a emporté, au premier chef, les valeurs technologiques, les valeurs du luxe en Europe et les petites valeurs partout dans le monde. Autrement dit, il s’agit avant tout d’une prise de profits sur les valeurs stars de ces dernières années. Ce nouveau choc de volatilité que l’on peut lire sur le VIX (pic à 25 le 11 octobre, quand même inférieur au pic à 37 en février) montre bien que le choc du début d’année n’était pas isolé, mais correspond à un mouvement plus structurel, la volatilité suivant les durcissements de politique monétaire avec un décalage d’environ 2 ans.

D’autres signes que la divergence mentionnée ci-dessus avaient alerté, comme le comportement du ratio valeurs cycliques sur défensives, orienté à la baisse depuis le mois de mars, autrement dit depuis les premières menaces protectionnistes sur l’acier et l’aluminium. Historiquement, deux facteurs macroéconomiques sont clés pour entériner un retournement durable en faveur des valeurs défensives. Le facteur taux, plutôt dirigé par les Etats-Unis et qui reste pro-cyclique pour l’instant, et le facteur matières premières industrielles, plutôt sous influence de la Chine depuis les années 2000. Le ratio Cycliques/Défensives a clairement suivi ce second facteur à la baisse, signalant la prédominance du risque qui pèse sur la croissance globale.

En 2017, la croissance globale était forte (+3,8%) et synchronisée (positif pour les actions). En 2018, elle aura été forte (+3,8%) mais désynchronisée (hausse de la volatilité). En 2019, elle restera forte mais va décélérer (+3,6%), ce qui incite à la prudence alors que les taux de la Fed s’approchent du taux neutre. Le maître mot reste la recherche de qualité, en veillant à ne surtout pas la surpayer.