Résumé
Point clés
| L'égalité de genre est une nécessité économique et un impératif d'investissement : éliminer les barrières fondées sur le genre pourrait accroître le PIB mondial de plus de 20 %. Les inégalités entre les sexes — en particulier dans les marchés émergents — constituent encore un frein majeur à la croissance inclusive et à la résilience économique. Les obligations axées sur l'égalité de genre sont encore peu développées mais essentielles : elles représentent moins de 2 % de l'ensemble des obligations durables. Toutefois, les données de l'IFC montrent une croissance significative du nombre et du volume de ces émissions entre 2013 et 2024. Leur déploiement et leur crédibilité futurs dépendront de la participation active des investisseurs institutionnels et ceux recherchant de l’impact, capables d'aligner leurs capitaux avec des cadres d’investissement axés sur le genre et de tenir les émetteurs responsables des résultats. Un screening ESG renforcé peut élargir l’univers investissable : même en l’absence d’obligations durables spécifiquement axées sur le genre, les investisseurs peuvent appliquer des cadres ESG sensibles au genre pour identifier États et entreprises ayant des engagements crédibles en matière d’égalité entre les sexes. Ces cadres doivent évaluer à la fois les politiques et les performances, en privilégiant la transparence et le progrès mesurable. L'écart entre l'intention et l'impact reste un défi majeur : beaucoup d’obligations ciblées sur le genre ne suivent pas de KPI spécifiques aux genres — seulement 5 % d’entre elles comportent des indicateurs de résultat. Le manque de données ventilées et la qualité inégale du reporting freinent le développement du marché. L’assistance technique (AT) proactive est essentielle : les émetteurs en première émission ou de petite taille — surtout dans les marchés émergents — ont besoin d’un accompagnement opérationnel renforcé. L’AT doit se concentrer sur l’établissement de « baselines », le choix de KPI adaptés au contexte et la structuration d’un reporting genré pour réduire les lacunes persistantes en matière de données. L’engagement est un puissant catalyseur : en tant que premier gestionnaire d’actifs européen, la taille d’Amundi et l’étendue de ses capacités de stewardship constituent des leviers importants pour influencer les émetteurs. L’engagement d’Amundi auprès de 55 émetteurs en 2024 sur l’égalité de genre a permis d’obtenir des progrès concrets en matière d’intégration du genre dans les entreprises. Toutefois, un dialogue soutenu reste nécessaire pour élargir l’adoption de politiques et de divulgations relatives à l’égalité de genre. La convergence réglementaire peut accélérer la maturité du marché : harmoniser les standards entre cadres (ICMA, 2X, OCDE, etc.) et proposer des guides pratiques pour intégrer la dimension de genre peut transformer cette dimension en un pilier central de la finance durable. Les taxonomies nationales offrent un modèle d’intégration : des pays comme le Mexique et le Brésil ont inclus la dimension de genre dans leurs taxonomies de finance durable, fournissant des cadres réplicables pour définir l’investissement aligné sur le genre au niveau souverain. Les infrastructures de données et de vérification restent faibles : systèmes fragmentés, KPI sous utilisés freinent la confiance des investisseurs. Émetteurs corporates et souverains ont tous deux un rôle à jouer : les entreprises peuvent intégrer la dimension de genre dans la gouvernance, les opérations et les chaînes d’approvisionnement ; les États peuvent affecter le produit des émissions obligataires à des politiques publiques en faveur de l’égalité des genres. L’avenir passe par l’intégration, pas l’isolement : la prochaine étape de la finance genrée doit être transversale — intégrée aux structures de capital, aux stratégies des émetteurs et aux indicateurs de performance — plutôt que cantonnée à des produits ou labels isolés. |
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