Points clés

Nous pensons que les résultats des entreprises européennes au premier trimestre resteront relativement solides. Le conflit en Iran n’ayant commencé qu’à la fin février, son impact sera probablement plus visible dans les résultats du deuxième trimestre et au-delà ; pour l’instant, le recul des cours des actions s’explique surtout par une décompression des multiples de valorisation due à une prime de risque actions plus élevée dans un environnement incertain. L’ampleur finale de l’impact sur les résultats dépendra en définitive de l’intensité du conflit et de la durée des blocages d’approvisionnements énergétiques dans le détroit d’Ormuz. 

Nous constatons que, d'une manière générale, les périodes de hausse de l'inflation sont généralement favorables aux bénéfices nominaux, tandis que les paires de devises plus fortes à la fin du premier trimestre (par rapport au moment où les prévisions ont été publiées en février), telles que l'USD/EUR, devraient également constituer un léger facteur favorable pour certains secteurs (par exemple, les sociétés pharmaceutiques réalisent plus de 50 % de leur chiffre d'affaires en Amérique du Nord). À l'instar de ce qui s'est produit lors de l'invasion de l'Ukraine en 2022, quand les prévisions de croissance du BPA ont été revues à la hausse pour de nombreux secteurs, l'énergie en tête, une telle situation devrait se reproduire avec le conflit en Iran, l'énergie et les services publics devant bénéficier de la hausse des prix du pétrole, du GNL et de l'électricité.

Par ailleurs, les revenus du secteur financier devraient bénéficier d’un contexte de hausse des taux, même si cette évolution pourrait être contrebalancée par une anticipation des provisions sur prêts, conformément aux nouvelles normes comptables IFRS 9, pour certaines institutions (principalement les banques asiatiques du Royaume-Uni qui sont exposées à la région du Moyen-Orient). Les entreprises chimiques pourraient bénéficier de perturbations de l’offre et les compagnies aériennes sont protégées à court terme par des programmes de couverture du carburant, bien qu’elles soient confrontées à des pénuries de kérosène si la situation persiste. Les efforts déployés par les décideurs politiques pour garantir l'approvisionnement énergétique de l'Europe au cours des prochaines années devraient également s'intensifier, ce qui devrait soutenir le secteur des énergies renouvelables ainsi que les entreprises impliquées dans le développement des réseaux électriques.

En savoir plus