Le GIV présente en détail les dernières opinions, convictions et perspectives de nos directeurs d'investissement mondiaux, de nos plateformes d'investissement et de l'Amundi Investment Institute.
Narratifs changeants à court terme
Au cours des dernières semaines, les marchés ont été animés par des anticipations d’inflation en hausse, des perspectives changeantes de la part des banques centrales et des flux d’informations contrastés, le tout en quelques jours seulement. Cela a engendré une pression haussière sur les taux d’intérêt et baissière sur les actifs risqués au cours de la phase initiale du conflit. La majorité des actions, y compris celles des États-Unis, d’Europe et des marchés émergents, sont à présent revenues près de leurs niveaux d’avant-guerre.
Les efforts visant à mettre fin à la guerre et un cessez-le-feu fragile ont soutenu les actifs risqués, mais les gains ont régulièrement été freinés par l’absence de résolution du conflit et par la perspective de taux d’intérêt plus élevés plus longtemps. Les mouvements de marché ont globalement suivi les oscillations du narratif entre cessez-le-feu et poursuite du conflit, entre appétit et aversion pour le risque et entre préoccupations liées à l’inflation et à la croissance.
Duration : approche moins directionnelle et plus granulaire
L’anticipation par le marché des décisions de politique monétaire des banques centrales est passée d’une légère baisse des taux (au début de la guerre) à une hausse des taux aujourd’hui, en particulier pour la BCE et la BoE. Bien que nous prenions acte des inquiétudes liées à l'inflation qui ont conduit à cette réévaluation, nous ne partageons pas l'ampleur de celle-ci, notamment dans le cas des gilts britanniques. Nous pensons également que l'offre d'obligations d'État pourrait être abondante dans l'ensemble, ce qui pourrait exercer une pression à la baisse sur les taux.
C'est pourquoi, plutôt que de prendre des positions directionnelles audacieuses, nous préférons faire preuve de sélectivité sur l'ensemble des courbes et rechercher des rendements supplémentaires dans les obligations d'entreprise et les marchés émergents. Ces derniers ont fait preuve de résilience face aux tensions géopolitiques. Ils continuent d'offrir un fort potentiel de portage, notamment dans le segment du haut rendement, mais le risque d'escalade extrême au Moyen-Orient subsiste (sans être notre scénario central).
Les marchés anticipent une résolution rapide
Le revirement spectaculaire observé sur les marchés boursiers témoigne d’un optimisme quant à une résolution rapide de la crise, mais la réalité pourrait s’avérer plus complexe, même en cas de trêve temporaire. Cette crise ne modifie en rien nos convictions structurelles concernant l’Europe, le Japon et les marchés émergents d’Amérique latine et d’Asie), mais nous reconnaissons un risque de volatilité à court terme. De plus, cette crise nous incite à rester vigilants dans l’exploration des domaines de résilience (là où les mouvements de marché ont été excessifs) autour de ces convictions à long terme.
Deuxièmement, nous constatons aujourd'hui que les arguments en faveur d'une dispersion des marchés l'emportent sur ceux en faveur d'une tendance générale unique du marché. En Europe, nous percevons les effets indirects de la relance des investissements dans la région et de la volonté de renforcer l'autonomie stratégique. Enfin, dans le secteur de l'IA, les marchés se concentrent désormais, à juste titre, sur la rentabilisation des investissements, les risques d'obsolescence et la réalisation des bénéfices par action.
Stratégie active : tirer parti des dislocations du marché
À mesure que la crise évolue, nous restons vigilants quant aux risques liés à la répercussion de la hausse des coûts des matières premières et des perturbations de l'approvisionnement sur les marges des entreprises ou l'inflation à la consommation. Les anticipations d'inflation à long terme ne se sont pas réajustées comme elles l'avaient fait en 2022, ce qui laisse penser que ce choc tient davantage à la croissance et aux coûts qu'à un changement structurel du régime d'inflation. Sur le plan des marchés, cela nous permet de rester actifs et tactiques, en particulier dans les secteurs où les valorisations ne sont pas plus avantageuses qu'auparavant et où les fondamentaux restent solides. Nous avons donc relevé tactiquement notre positionnement sur les actions. Compte tenu de la persistance des risques géopolitiques et économiques, nous estimons que le moment est venu de renforcer les mesures de protection et de conserver une stratégie bien diversifiée.
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