Résumé
Points clés
L’or a connu un repli marqué ces dernières semaines, mais nous pensons que ce mouvement s’explique davantage par un réajustement des craintes macroéconomiques de court terme que par une dégradation des fondamentaux à moyen terme du métal. À notre avis, le marché recalibre essentiellement ses anticipations autour d’un scénario de type 2022 : un choc inflationniste brutal, une réaction énergique des banques centrales et une hausse durable des taux d’intérêt nominaux et réels. Ce schéma, cependant, ne correspond pas entièrement à la situation actuelle.
La récente correction a été accentuée par des facteurs techniques. Plus particulièrement, le débouclage des positions ETF accumulées par les investisseurs particuliers et les CTA en mars a amplifié le mouvement à la baisse et en a accentué la dynamique. Comme souvent dans les opérations encombrées, une fois que les prix ont commencé à s’inverser, la pression vendeuse s’est auto-alimentée. Pourtant, ce type de mouvement en dit généralement davantage sur le positionnement que sur un changement durable des perspectives fondamentales.
Nous ne pensons pas que le contexte économique actuel soit comparable à celui d’il y a quatre ans. À l’époque, le soutien budgétaire massif dans plusieurs régions, associé aux perturbations d’approvisionnement post-pandémie, avait provoqué une forte accélération de l’inflation sous-jacente, largement au-dessus de la cible des banques centrales. Cela avait obligé les autorités monétaires à réagir énergiquement pour ancrer les anticipations d’inflation à long terme. Aujourd’hui, la situation est bien différente. L’inflation sous-jacente reste plus contenue et mieux maîtrisée, ce qui limite le besoin pour les banques centrales de durcir encore davantage leur posture. À notre avis, l’impulsion inflationniste liée au choc énergétique devrait être temporaire plutôt que persistante.
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